Monday, February 26, 2007

Creation Myth

… And why not? Some Lebanese Humour is the best medicine against Lebanese Politics.

This one is in French; it is one of the gems created by the now defunct “Théatre de 10 Heures”, once THE feature of Lebanese cultural life, before my time. This was world class comedy, but with far too much multi-cultural references for the Arab market, and far too much culture for the Western market.

To my chagrin, I do not recall the entire piece (Help, anyone?), but it came from their last show, right before the war, and the rise of armed morons whose feelings you could not afford to hurt… I will later post another gem of theirs in Arabic, which was saucy enough to catch up with the kiddies.

Lebanon at the Creation of the world;

Quand Dieu créa la terre, le monde, l’univers,

Il voulut faire un lieu bien, bien extraordinaire,

Un ciel, un climat, un soleil éclatant,

Et fit si bien les choses, qu’il créa; Le Liban!

Mais, mais… Quand il vit un peu, autour de lui,

L’état de ses voisins, Israël, la Syrie,

J’ai été trop injuste, dit-il, il faut y remédier,

Et en y remédiant, Créa le Libanais

The (not so great) Lebanese Race;

L’étrange animal qui vit dans ce pays,

A de tout temps fait partie d’une espèce bien à part

Piquant par-ci, par-là, au gré de sa fantaisie,

Se moquant du tiers, comme bien sur du quart

The part that I forgot is here, but they end it nicely (for our ego);

Malgré tout ces défauts que je retrouve en moi,

Je suis bien content d’être né Libanais,

Car tous ces petits vices sont réduits à néant,

Par ma seule qualité d’être né au Liban…


5 comments:

Blacksmith Jade said...

I think I've heard another version of this joke (or maybe it was another joke altogether. It retains the intorduction, that being of Lebanon being created as one of the most beautiful places on earth, but this time, God decides to balance things out by creating our neighbour states - or alternatively, by placing the tiny paradise country in the worst place on Earth (according to the joke of course), the Middle East!

Jeha said...

Yes,

Israelis have their own version of the joke, in which we're the ones who play the bad neighbour role.

The poem I (partially) posted was was part of the last show of the chansonniers.

Maya said...

Jeha,

Thank you for this post. I love Theatre de 10 heures. I have never heard this poem before, so I really appreciate it. You have to appreciate humor, to survive in Lebanon...

Pia Chikhani said...

That's the entire texte written by my grandfather Gaston Chikhani founder of the Théatre de 10 heures:

Le Libanais, par Gaston Chikhani, 197
"Quand Dieu créa le monde, la Terre et l'univers,
Il voulut faire un lieu bien extraordinaire :
Une mer, un climat, un soleil éclatant,
Il fit si bien les choses qu'Il créa Le Liban.

Mais quand Il aperçut un peu autour de lui
L'état de ses voisins l'Égypte et la Syrie,
J'ai été trop injuste, dit-Il, faut y remédier,
Et pour faire l'équilibre, Il créa le Libanais.

Car l'étrange animal qui peuple ce pays
A tout temps fait partie d'une espèce bien à part.
Il a toujours vécu au gré de sa fantaisie,
S'en foutant du tiers comme bien sûr du quart.

Toutes les qualités et presque tous les défauts,
se trouvent réunis dans chaque concitoyen;
Il va prêcher le vrai pour connaître le faux,
et pour se faire des sous, il use tous les moyens,
Et tout cela remonte jusqu'aux Phéniciens,
Qui étaient je crois bien de drôles de paroissiens
Sillonnant toutes les mers sur leurs petits canots,
Trompant tout à chacun, les menant en bateau.

Mais à travers les siècles, les guerres et les conquêtes,
Leurs héritiers ont su se forger une tête,
Prenant par-ci par-là un trait du conquérant,
Ils se firent un visage au mélange savant:
Exalté comme le Perse, têtu comme l'Ottoman,
Combine mieux que l'Anglais, à la finesse du Franc,
La sagesse du Grec et l'ardeur du Romain,
La grandeur de l'Arabe et le génie Phénicien.

C'est un individu qui vit d'indépendance,
Qui fait tout de travers, gagne moins qu'il dépense.
Dans la vie de chaque jour,
au travail, en amour
Avance, recule et passe puis fait le compte à rebours.

Quand il veut faire la cour à une fille qu'il aime,
Au milieu des caresses, des soupirs, des poèmes,
A sa chère dulcinée, il dit : "Je t'aime tant !
Tant pour cent sur la dot que te donnent tes parents".

Il suffit un beau jour qu'une chose soit interdite
Pour qu'on le voit la faire malgré la loi prescrite:
Il brûle les feux rouges, remonte les sens uniques,
Colle les affiches partout, manque d'esprit civique.
Pisse sur les trottoirs et crache dans la rue,
Puis se plaint à l'Etat, à la Ligue, à l'ONU .

Malgré tous ces défauts que je retrouve en moi,
Moi je suis bien content d'être né Libanais:
Car je mange quand j'ai faim, je chauffe quand j'ai froid,
Je dis ce que je pense, je crie ma liberté
Et tous mes petits défauts sont réduits à néant
Par ma seule qualité d'être né au Liban. "

Pia Chikhani said...

That's the entire texte written by my grandfather Gaston Chikhani founder of the Théatre de 10 heures:

Le Libanais, par Gaston Chikhani, 197
"Quand Dieu créa le monde, la Terre et l'univers,
Il voulut faire un lieu bien extraordinaire :
Une mer, un climat, un soleil éclatant,
Il fit si bien les choses qu'Il créa Le Liban.

Mais quand Il aperçut un peu autour de lui
L'état de ses voisins l'Égypte et la Syrie,
J'ai été trop injuste, dit-Il, faut y remédier,
Et pour faire l'équilibre, Il créa le Libanais.

Car l'étrange animal qui peuple ce pays
A tout temps fait partie d'une espèce bien à part.
Il a toujours vécu au gré de sa fantaisie,
S'en foutant du tiers comme bien sûr du quart.

Toutes les qualités et presque tous les défauts,
se trouvent réunis dans chaque concitoyen;
Il va prêcher le vrai pour connaître le faux,
et pour se faire des sous, il use tous les moyens,
Et tout cela remonte jusqu'aux Phéniciens,
Qui étaient je crois bien de drôles de paroissiens
Sillonnant toutes les mers sur leurs petits canots,
Trompant tout à chacun, les menant en bateau.

Mais à travers les siècles, les guerres et les conquêtes,
Leurs héritiers ont su se forger une tête,
Prenant par-ci par-là un trait du conquérant,
Ils se firent un visage au mélange savant:
Exalté comme le Perse, têtu comme l'Ottoman,
Combine mieux que l'Anglais, à la finesse du Franc,
La sagesse du Grec et l'ardeur du Romain,
La grandeur de l'Arabe et le génie Phénicien.

C'est un individu qui vit d'indépendance,
Qui fait tout de travers, gagne moins qu'il dépense.
Dans la vie de chaque jour,
au travail, en amour
Avance, recule et passe puis fait le compte à rebours.

Quand il veut faire la cour à une fille qu'il aime,
Au milieu des caresses, des soupirs, des poèmes,
A sa chère dulcinée, il dit : "Je t'aime tant !
Tant pour cent sur la dot que te donnent tes parents".

Il suffit un beau jour qu'une chose soit interdite
Pour qu'on le voit la faire malgré la loi prescrite:
Il brûle les feux rouges, remonte les sens uniques,
Colle les affiches partout, manque d'esprit civique.
Pisse sur les trottoirs et crache dans la rue,
Puis se plaint à l'Etat, à la Ligue, à l'ONU .

Malgré tous ces défauts que je retrouve en moi,
Moi je suis bien content d'être né Libanais:
Car je mange quand j'ai faim, je chauffe quand j'ai froid,
Je dis ce que je pense, je crie ma liberté
Et tous mes petits défauts sont réduits à néant
Par ma seule qualité d'être né au Liban. "